21.11.2019, 15:51

«Nous proposons un suivi personnalisé aux futures mères»

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Très spacieuse, la salle d’accouchement de l’espace AVA propose différents équipements, dont une baignoire circulaire.

SANTE Filière complémentaire de la maternité de l’Hôpital neuchâtelois, l’espace AVA permet aux futures mamans d’opter pour un accouchement au naturel dans un secteur réservé. Il a accueilli 53 naissances en 2018.

L’espace AVA (comme Accueillir la Vie Autrement) s’adresse aux femmes désireuses d’accoucher le plus naturellement possible. Cette filière complémentaire, ouverte il y a trois ans au sein de la maternité de l’Hôpital neuchâtelois (HNE), a accueilli 63 accouchements et délivré 182 consultations entre janvier et septembre 2019.

Elle propose une surveillance allégée, des interventions limitées et un accompagnement one-to-one (une sage-femme par parturiente) pour autant que grossesse et travail se déroulent sans complication. Pour écarter les situations à risque, des protocoles et critères d’admission ont été mis en place. Géré par des sages-femmes, cet espace vise à encourager la physiologie de la naissance et permettre à la future mère d’être actrice de son accouchement. Le point avec Marielle Mourgeon-Daclin, sage-femme responsable d’unité.

Qu’est-ce qui a amené l’hôpital à ouvrir l’espace AVA ?

Il y avait une demande de la part des futures mères, de la société en général et des sages-femmes qui étaient intéressées à offrir une prise en charge plus autonome, moins médicalisée. Après réflexion, nous avons choisi d’installer cet espace au sein de la maternité, sinon il aurait fallu aménager des locaux hors de l’hôpital. L’avantage, c’est que les patientes ne doivent pas quitter les lieux si elles sont amenées à sortir de la filière durant l’accouchement. En cas de besoin, elles peuvent être référées à un médecin sans délai. 

Quel suivi proposez-vous?

Quand une femme enceinte s’adresse à la filière AVA, nous commençons par un ou deux entretiens. Le premier peut être réalisé dès la 24e semaine de grossesse pour faire connaissance et expliquer ce que nous proposons. Vers la 34e semaine, une rencontre s’avère nécessaire pour définir le projet de naissance.

Un accord est conclu avec la future mère, une charte est signée. Les informations utiles seront ainsi accessibles pour la sage-femme qui l’accompagnera lors de l’accouchement. Les femmes viennent ici pour donner la vie le plus naturellement possible, être davantage à l’écoute de leur corps. Leur suivi sera personnalisé, en fonction de leur projet de naissance. Durant le travail, elles sont suivies par une sage-femme uniquement, puis une nurse intervient à l’arrivée du bébé. La surveillance est allégée; le monitoring, par exemple, ne sera pas forcément réalisé en continu. Elles ne voient pas de médecin, sauf complication.

Comment détecter les situations à risque?

Pour assurer la sécurité des patientes, la filière est soumise à des critères d’exclusion, comme l’hypertension, des antécédents d’accouchements compliqués, des jumeaux, etc. L’état de santé des futures mères est réévalué à chaque consultation. En 2018, 17% des patientes intéressées n’ont pu être admises à l’espace AVA à la première consultation.

Vous proposez différentes pistes pour gérer la douleur…

Une partie de l’équipe des sages-femmes est formée à l’acupuncture, à l’hypnose et aux massages physiologiques N’feraïdo. Ces techniques visent à diminuer la douleur, à détendre la patiente et faciliter le travail. Nous les présentons lors de l’entretien prénatal, ce qui permet aux futures mères de se préparer en amont. Elles peuvent effectuer des séances d’acupuncture ou d’hypnose ici. Rien ne les empêche de demander une péridurale, mais cela implique une sortie de la filière AVA. 22% d’entre elles ont fait ce choix en 2018.

En quoi la salle d’accouchement de l’espace AVA diffère-t-elle des autres?

Elle est équipée d’une baignoire circulaire, de ballons de mobilisation, d’un pelvitrac (une liane qui permet de s’étirer), d’une chaise Maya… Les parturientes ont aussi la possibilité de personnaliser l’éclairage grâce à un variateur d’intensité et de couleurs ou de diffuser de la musique. Elles peuvent utiliser ce matériel à leur gré pour se mettre à l’aise, se soulager pendant le travail.
Comme cette salle d’accouchement est plus spacieuse que les quatre autres, il leur est même possible de faire quelques pas si elles en ressentent le besoin.

Entre l’espace AVA et une salle d’accouchement usuelle, la sécurité est-elle comparable?

Tout le processus de la filière AVA a été protocolé et validé par la Dre Romina Capoccia Brugger, médecin cheffe du service de gynécologie  obstétrique de l’HNE. S’il y a le moindre souci, on surveille davantage. Et dès que l’on dépasse les valeurs limite, la patiente quitte la filière AVA pour une prise en charge médicale.

Si la dilatation est trop lente, s’il y a la moindre perturbation du rythme cardiaque fœtal, si la poche des eaux est rompue depuis trop longtemps, nous appelons le médecin, il est juste à côté! Grâce à cette proximité, les complications sont traitées sans perte de temps. Les patientes de l’espace AVA ne perdent donc pas en sécurité.

Elles ne changent pas de salle d’accouchement ni de sage-femme. Quant aux bébés qui naissent ici, ils sont vus par un pédiatre deux fois, comme tous les autres nouveau-nés de la maternité.

 

La maternité en chiffres
- 1500 naissances par an (environ), dont 53 à l’espace AVA en 2018
- 65 sages-femmes dont une vingtaine intervient à l’espace AVA
- 9 nurses et 15 aides-soignantes (pour le département de gynécologie obstétrique)
- 1 séance d’information mensuelle sur la maternité et ses prestations destinée aux futurs parents. 1er samedi du mois, 14h30-15h30, salle 3112, 3e étage, HNE-Pourtalès, Neuchâtel. www.h-ne.ch/maternite ou au 032 919 40 85.

«J’aimais l’idée, qu’en cas de problème, l’hôpital est à proximité»

Le petit Giovi a tout juste deux jours quand nous rencontrons sa maman Laura dans un salon de la maternité de l’hôpital Pourtalès, à Neuchâtel. La jeune femme a pu accoucher à l’espace AVA, comme elle le souhaitait, et elle en est ravie. Son témoignage.

«Mon premier enfant est né aux HUG, à Genève, où nous vivions à l’époque. Lors de ma deuxième grossesse, j’ai voulu m’informer sur les possibilités d’accoucher au naturel. Avec mon mari Lorenzo, nous avons visité une maison de naissance ainsi que l’espace AVA. Après réflexion, j’ai choisi la deuxième option parce que c’est une filière qui privilégie l’accouchement au naturel, sans intervention de médecin. La salle d’accouchement a une baignoire, une chaise Maya et d’autres choses, c’était parfait! Et j’aimais bien l’idée, qu’en cas de problème, l’hôpital est à proximité…

Pendant la grossesse, j’ai utilisé toutes les ressources à disposition dans l’espace AVA: j’ai effectué cinq séances d’acupuncture et trois sessions d’hypnose avec les sages-femmes qui m’ont bien expliqué ces techniques.

L’accouchement? C’était génial! Nous sommes arrivés à la maternité à 4h30, mais le processus a commencé lentement parce que les contractions étaient irrégulières. Pour activer les choses, je me suis promenée dans les couloirs, en montant et descendant les escaliers plusieurs fois. A 11h, le travail a démarré. J’ai pris un bain et cela m’a fait beaucoup de bien: la chaleur de l’eau et la position m’ont beaucoup aidée. 50 minutes plus tard, après trois poussées, Giovi est sorti.

Je n’ai pas vu de médecin pendant l’accouchement, Elodie (la sage-femme avec qui j’avais établi le projet de naissance) et une de ses collègues ont tout fait. Elles m’ont bien secondé, en m’expliquant ce qui se passait. Je les ai trouvées très compétentes et très expérimentées, cela m’a rassuré.»


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