15.11.2017, 00:01  

Donner une seconde vie aux plastiques reste chaotique

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Le recyclage du plastique est loin d’être un long fleuve tranquille.

 15.11.2017, 00:01   Donner une seconde vie aux plastiques reste chaotique

Par sevan pearson

ENVIRONNEMENT - Le recyclage de ces différents types de déchets est un chemin semé d’embûches. Bref tour d’horizon.

Selon l’Office fédéral de l’environnement (Ofev), la Suisse consomme près d’un million de tonnes de plastique par an (année de référence: 2010), soit 125 kg par habitant. Cette consommation génère 780 000 tonnes de déchets, qui doivent être...

Selon l’Office fédéral de l’environnement (Ofev), la Suisse consomme près d’un million de tonnes de plastique par an (année de référence: 2010), soit 125 kg par habitant. Cette consommation génère 780 000 tonnes de déchets, qui doivent être éliminés ou recyclés, le reste étant constitué d’objets à longue durée de vie, tels les cadres de portes et de fenêtres. Alors que la Suisse semble à la pointe dans le domaine de l’écologie, le recyclage du plastique est loin d’être un long fleuve tranquille et soulève certaines difficultés.

Si la collecte du polyéthylène téréphtalate (PET) est bien rodée, celle des autres plastiques est plus chaotique. Les acteurs sont nombreux: entreprises privées, communes, magasins. Dans certains cas, le consommateur doit déposer lui-même ses déchets en plastique à un endroit donné. Dans d’autres, il bénéficie d’un mécanisme de ramassage. Au total coexistent 16 systèmes différents de collecte.

Projet Kuh-bag

Une fois amassés, les plastiques sont triés, mais les procédés sont complexes. «Ces déchets ont toujours une histoire», selon Michael Gasser, chercheur au Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche, à Saint-Gall. «Le plastique n’est jamais pur et contient des résidus, par exemple d’aliments ou de liquides.» Il faut alors opérer un tri, rendu parfois difficile par le mélange de différents matériaux. «Certains emballages sont constitués d’éléments divers qui ne sont pas tous du plastique», précise encore le jeune chercheur. Ainsi, près de la moitié de la masse collectée pourrait potentiellement être recyclée. Or, à ce jour, le projet pilote Kuh-bag en Suisse orientale montre que «seuls 5% du plastique sont collectés, même si leur taux de recyclage atteint déjà 47%», indique Michael Gasser. «L’objectif de 70% fixé par l’Ofev se rapproche», se réjouit-il.

Produire pour un marché donné

Qu’advient-il du plastique non recyclé? Il est incinéré dans des cimenteries ou dans des centrales thermiques produisant de l’électricité et du chauffage à distance. L’impact environnemental est réel, dû au rejet de diverses substances et gaz. L’incinération du plastique émet notamment du dioxyde de carbone (CO2), ce qui entre en contradiction avec les engagements de la Suisse dans le cadre de la COP21. Michael Gasser a une vision plus nuancée. «L’énergie produite par la combustion de ces plastiques est récupérée. Ainsi, le CO2 émis ne l’est pas pour rien. Et surtout, l’électricité et la chaleur générées grâce à ces déchets remplacent d’autres sources d’énergie très polluantes, comme le mazout», argumente le chercheur.

Une généralisation du recyclage des plastiques usagés se heurte à plusieurs problèmes non résolus à ce jour. «Il faut trouver suffisamment de débouchés pour le plastique recyclé, ce qui n’est pas toujours évident», explique Michael Gasser. «Il faut produire pour un marché donné, selon une certaine qualité.» Un exemple? «Certains plastiques recyclés se retrouvent dans la fabrication de tuyaux et de conduites», mentionne le chercheur. Un autre obstacle au recyclage tient à son coût plus élevé par rapport à l’incinération. Il s’agit donc d’une pesée d’intérêts entre Environnement et porte-monnaie. L’éternel dilemme, en somme. sevan pearson


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