15.11.2017, 00:01  

C’est non à la remise de marijuana en pharmacie

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L’OFSP a rejeté, hier, le projet de l’Université de Berne sur la remise de cannabis en pharmacie.

 15.11.2017, 00:01   C’est non à la remise de marijuana en pharmacie

STUPÉFIANTS - La Confédération rejette le projet de l’Université de Berne.

La décision de l’Office fédéral de la Santé publique (OFSP) a fait l’effet d’une bombe, hier, dans de nombreuses villes de Suisse: porté par de nombreux partenaires, le projet de remise de cannabis en pharmacie de l’Université de Berne, auquel Zurich, Lucerne et Bienne sont associées, a été refusé. Genève croit toujours en ses chances, et Bâle réexamine la...

La décision de l’Office fédéral de la Santé publique (OFSP) a fait l’effet d’une bombe, hier, dans de nombreuses villes de Suisse: porté par de nombreux partenaires, le projet de remise de cannabis en pharmacie de l’Université de Berne, auquel Zurich, Lucerne et Bienne sont associées, a été refusé. Genève croit toujours en ses chances, et Bâle réexamine la situation.

L’OFSP explique son refus d’autoriser le projet-pilote bernois par l’interdiction de toute recherche sur la consommation de cannabis à des fins récréatives, contrairement à des projets visant des aspects médicaux. «De nouvelles études sociétales concernant le cannabis» seraient souhaitables, admet l’office. Mais la loi sur les stupéfiants devrait être complétée pour que la consommation récréative soit explicitement mentionnée, ce qui n’est pas le cas actuellement.

L’OFSP n’a pas voulu, hier, dévoiler les détails, notamment juridiques, de la décision. Un devoir de réserve est imposé pendant les 30 jours durant lesquels un recours est possible.

«Argument factice»

La municipale Verte bernoise Franziska Teuscher s’étrangle: «Pratiquement toute consommation de stupéfiants est récréative, et le projet de l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Berne visait aussi à réduire les risques d’une consommation inadaptée», explique-t-elle.

Selon l’écologiste, l’argument de l’OFSP est «factice et incompréhensible.» Outre le feu vert de la commission d’éthique du canton, le projet avait été avalisé par des expertises juridiques. Les villes de Lucerne, Bienne, Ostermundigen (BE) et Zurich s’y étaient ralliées. «Nous allons analyser la décision avec tous les partenaires», ajoute Franziska Teuscher.

La municipale s’étonne aussi que l’OFSP balaie la marge de manœuvre permise par la loi et reprenne une distinction stricte entre projets scientifiques médicaux et non médicaux demandée par la conseillère nationale Verena Herzog (UDC/TG). Or, l’initiative parlementaire de cette dernière a été refusée en juin par le Parlement. Sans surprise, la Thurgovienne salue la décision de l’OFSP: «Je ne m’oppose pas à la recherche scientifique, mais celle-ci doit reposer sur des critères précis, ce qui n’est pas le cas du projet bernois.» La présidente de l’association Jeunesse sans drogue réclame «une véritable répression et beaucoup plus de prévention pour lutter contre les dégâts causés par le cannabis».

Feu vert à Bâle... hier

Egalement sur les rangs pour un projet-pilote de cannabis légal, les Genevois poursuivent leur travail. Sandro Cattacin, président d’un groupe interpartis, regrette la «position très technocratique» de l’OFSP. «Avec un tout petit peu de bonne volonté, il était possible, en se basant sur la loi, d’accepter le projet bernois, porté par un professeur renommé dont je prévois qu’il ne se laissera pas faire», note-t-il. Mais le sociologue ne voit pas que des inconvénients: les préparatifs genevois ont peut-être davantage de chances, désormais, selon lui.

Les Bâlois sont plus prudents. Par hasard, la commission d’éthique cantonale a donné son feu vert au projet de la ville hier. «La prochaine étape aurait été de déposer notre demande d’autorisation à l’OFSP», explique la porte-parole du Département de la santé, Anne Tschudin. «Mais après la décision concernant Berne, nous devons examiner s’il y a encore des options pour notre projet.»

De son côté, Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d’études des addictions, estime que la décision de l’OFSP «signe la fin d’une alliance pragmatique entre des villes désireuses de trouver des solutions à leurs problèmes et la Confédération». L’administration a privilégié une interprétation «conservatrice». Le spécialiste compte sur le Conseil fédéral pour sortir de ce blocage. Car, en attendant, note-t-il, le deal de rue continue.


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