12.08.2017, 00:01  

Siméon Rossier à la recherche d’un mental qui colle à son jeu

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Siméon Rossier et ses potes du CT Neuchâtel tenteront de créer la surprise contre Seeblick en demi-finale de LNA, aujourd’hui à Lausanne.

 12.08.2017, 00:25   Siméon Rossier à la recherche d’un mental qui colle à son jeu

TENNIS Grand adepte de la prise de risques, le Neuchâtelois n’accepte pas de faire des fautes.

Invité surprise du tour final des interclubs de LNA, le CT Neuchâtel jouera sa demi-finale contre Seeblick aujourd’hui à Lausanne (début des matches pas avant 11h). La victoire des Zurichois lors de la phase qualificative – 6-3 dimanche dernier aux Cadolles – ne mouche pas les espoirs neuchâtelois. En revenant de nulle part mardi soir contre Grasshopper (lire notre...

Invité surprise du tour final des interclubs de LNA, le CT Neuchâtel jouera sa demi-finale contre Seeblick aujourd’hui à Lausanne (début des matches pas avant 11h). La victoire des Zurichois lors de la phase qualificative – 6-3 dimanche dernier aux Cadolles – ne mouche pas les espoirs neuchâtelois. En revenant de nulle part mardi soir contre Grasshopper (lire notre édition de mercredi), la troupe de Pablo Minutella a considérablement élargi le périmètre du possible.

Ne pas tendre la joue

Le CTN exploite à fond sa formidable dynamique d’équipe, il a le vent en poupe et les voiles gonflées à bloc. Tenez bon la barre et hissez haut, les gars! «L’argent ça aide, mais ça ne fait pas tout», sourit Siméon Rossier. «Avec le plus petit budget de la ligue, nous sommes quand même en demi-finales. L’ambiance dans le groupe est incroyable. S’arracher sur tous les matches, ça paie aussi.»

Contre Seeblick, le CTN devra principalement veiller à ne pas tendre l’autre joue. «C’est un nouveau tournoi qui commence», observe le Neuchâtelois. «Nous étions certes menés 5-1 la dernière fois après les simples (un tel résultat serait rédhibitoire en demi-finale), mais c’était quand même tendu. Mêmes s’ils restent favoris, ça peut changer. Nous sommes passés à quatre points de l’élimination contre GC et nous n’avons rien à perdre. La pression sera sur leurs épaules. Nous sommes les outsiders, mais nous savons aussi que nous sommes capables de réussir un nouveau ‘truc’.»

Si le moral d’équipe est au beau fixe, celui de Siméon Rossier est plus sombre. Ses interclubs, pour l’instant, n’ont rien de folichon. C’est la première fois en trois ans que le gaucher des Cadolles n’a pas remporté un seul simple en LNA (victoire contre Sadecky en 2015, contre Bellier et Hüsler en 2016). Il n’a inscrit qu’un point en double contre Grasshopper, associé à Louroi Martinez. Mais un bon! Celui du 5-3 sans lequel le 5-4 n’aurait pas été possible. «Je n’ai pas rapporté beaucoup de points à l’équipe, mais celui-ci a vraiment fait du bien. Sans ce succès, nous étions éliminés.»

Cercle vicieux

Siméon Rossier sourit, malgré tout. Même si sa saison estivale ne prête pas à la rigolade. Douzième meilleur suisse au sortir d’un bon hiver (son meilleur classement national à ce jour), le Neuchâtelois a perdu près de 200 places à l’ATP (il est passé du 747e au 937e rang mondial) au cours des neuf derniers mois. «Avec ce système de point à défendre, si tu as trois ou quatre mois de galère, tout peut aller très vite. Surtout si tu avais réussi de bons résultats l’année précédente à la même époque», rappelle-t-il.

Son été n’a pas été meurtrier pour ses adversaires. Huit tournois depuis début mai, pour huit défaites en dix matches dans le tableau ou en qualifications de tournois Future. «Il y a eu un ou deux matches limite, que j’aurais pu gagner et qui m’ont plombé le moral. Je suis alors entré dans un cercle vicieux, une spirale négative de laquelle je n’ai pas encore réussi à sortir», avoue le champion de Suisse M16 en 2011. «Quand je traverse de telles phases, on voit tous mes défauts. Ça ressort bien! Mon tennis est là, mais ça coince dans les moments clés.»

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Bonheur et frustration

Regarder jouer Siméon Rossier procure bonheur et frustration. On s’émerveille devant la sécheresse de ses frappes de gaucher autant que l’on souffre de le voir s’égarer dans les apartés verbaux adressés à lui-même, à son coach, à l’adversaire, à l’arbitre, à un oiseau qui passe, tient, cela pourrait fort bien arriver.

Le fait d’être aligné en No 3 en LNA, un poste très exposé, qui l’oblige le plus souvent à affronter le meilleur joueur suisse adverse, n’a pas sur lui l’effet modérateur des circonstances atténuantes. «Même si je ne suis qu’un outsider, je n’aime pas perdre», lâche le Neuchâtelois. «La source du problème, c’est que mon mental n’est pas raccord avec mon jeu... Je suis un attaquant, pas quelqu’un qui se contente de garder la balle dans le court. J’ai un jeu à risques. Je ne dirais pas que c’est du 50/50, mais je sais qu’en tentant des choses, je vais forcément commettre des fautes. Or, c’est quelque chose que je n’accepte pas... Je suis très dur avec moi-même. Pour caricaturer, même si je réussis une série de huit points sur dix, je vais rester bloqué sur les deux points que j’ai perdus. Je ne vais pas voir tout ce qu’il y avait de bien auparavant. Au lieu d’aller de l’avant, je reste coincé sur des choses du passé que je ne peux pas changer.» Or, qui n’avance pas recule...

Une pause nécessaire

Cela fait longtemps que Siméon Rossier traîne cette faiblesse dans sa cuirasse. Sa collaboration de longue date avec le préparateur mental Bertrand Théraulaz (Action Types) a déjà porté des fruits, mais pas encore l’ensemble de la corbeille. «Après la Ligue A, je vais faire une pause pour me recentrer sur moi, me poser les bonnes questions et, si possible, trouver les bonnes réponses. Si je reste sur le circuit, je n’aurai ni le temps ni la lucidité pour le faire. Il faut que je coupe un peu.»

Le doute est là, rampant, insidieux. «A 22ans, je ne suis pas vieux. Mais les années passent, et je vois des gars qui étaient avec moi en juniors – Alexander Zverev (20 ans, ATP 8), Borna Coric (20 ans, ATP 55), Karen Khachanov (21 ans, ATP 30), Andrey Rublev (19 ans, ATP 53)... – se retrouver aux avant-postes alors que je stagne. Ça n’aide pas non plus. Quand tu es petit, tu rêves de réussir. Et plus tu grandis, plus tu prends conscience que même si tu travailles dur, même si tu fais tout juste, le risque est grand de ne pas réaliser ton rêve.» En 2011, lors de la Nokia Cup juniors (FIN), «Sim» s’était incliné 7-6 5-7 2-6 devant Khachanov, tombeur de John Isner (ATP 22) cette année à Roland-Garros.

Siméon Rossier nage entre deux eaux, sombres et claires. «Soit je trouve des solutions et je reviens plus fort, soit j’arrête. Mais c’est le premier scénario qui me tente le plus.»«Cette mauvaise passe va montrer son caractère et sa détermination», souffle son coach Pablo Minutella.

TC Stade-Lausanne. Demi-finales dames. Aujourd’hui. 9h: Nyon (1er, avec Conny Perrin) - Chiasso (4e). Cologny (2e) - Grasshopper (3e). Demi-finales messieurs. Pas avant 11h: CT Neuchâtel (4e) - Seeblick Zurich (1er). Grasshopper (2e) - Genève Eaux-Vives (3e).

Demain. 10h: finales dames et messieurs.


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