03.11.2017, 18:04  

La tête loin du guidon, le Neuchâtelois Jérémy Huguenin revient sur près de 18 ans de carrière

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Même s’il a décidé de prendre sa retraite sportive cet été, Jérémy Huguenin ne sera jamais très loin de son vélo.

 03.11.2017, 18:04   La tête loin du guidon, le Neuchâtelois Jérémy Huguenin revient sur près de 18 ans de carrière

VTT - Sa carrière sportive derrière lui, Jérémy Huguenin a pris le temps, avec un soupçon de nostalgie, de feuilleter l’album-souvenir. Pêle-mêle parmi des milliers d’images, l’ancien vététiste neuchâtelois a figé six clichés particulièrement évocateurs.

Orange mécanique

Du haut de ses 10 ans, le petit Jérémy ne paie pas de mine sur sa bécane orange, dénichée au détaillant du coin. Et pourtant, sa première course est déjà synonyme de succès.

«Je n’avais ni chaussures à clips, ni suspension», sourit aujourd’hui le jeune retraité. «Un VTT à 8000 francs ne suffit pas pour...

Orange mécanique

Du haut de ses 10 ans, le petit Jérémy ne paie pas de mine sur sa bécane orange, dénichée au détaillant du coin. Et pourtant, sa première course est déjà synonyme de succès.

«Je n’avais ni chaussures à clips, ni suspension», sourit aujourd’hui le jeune retraité. «Un VTT à 8000 francs ne suffit pas pour gagner une course. J’en ai apporté la preuve ce jour-là. Peut-être que ce ne serait plus possible à l’heure actuelle avec l’évolution du matériel.» S’il s’en était séparé pour une modique somme, Jérémy Huguenin a retrouvé son vélo, qui trône sans doute fièrement dans le garage.

>> Lire aussi: Jérémy Huguenin abandonnera le sport d'élite

47 à l’heure

En bon écolier neuchâtelois, il révise année après année sa copie pour la Trans, son examen de passage. Et autant dire que Jérémy joue les premiers de classe. En cinquante étapes, le garçon ne compte que trois fausses notes.

Résultat, il a décroché dix classements généraux de rang, de la catégorie Mega à celle des élites. «Je suis aussi le seul à avoir remporté le général de la Trans comme junior», s’enorgueillit-il. Un tel palmarès, cela valait bien une photo souvenir avec les dix maillots, en 2008.

L’Everest valaisan

Crème glacée et bouillantes guibolles. Non, le petit Jérémy ne passe pas son été sur les plages ensoleillées d’Espagne été 2005. Accroché à son guidon, dans la trace du père, le Neuchâtelois gravit les cimes enneigées du Valais… en plein mois d’août. Ce jour historique, il est l’un des derniers à franchir «son» Pas-de-Lona, le dessert du copieux menu Grand Raid entre Hérémence et Grimentz. «Nous pouvions encore le faire en cadets. Ce n’est plus possible aujourd’hui», remarque Jérémy Huguenin.

Les conditions météorologiques contraindront les organisateurs à neutraliser la course, mais les Huguenin ont déjà eu le temps d’entrer dans la légende avec un cliché qui fera le tour du monde.

Tête de turc

Alors, quand il s’embarque pour la Turquie, en 2007, tout le monde l’imagine s’y dorer la pilule. Que nenni. Le garçon, sur les pittoresques arêtes de Cappadoce, est dans son élément. Aux championnats d’Europe juniors, il décroche là-bas le cinquième rang. «C’est mon meilleur résultat obtenu dans des championnats internationaux», se remémore-t-il fièrement.

Deux mois plus tard, dans les lands de Fort William en Ecosse, Jérémy Huguenin finit encore 12e des championnats du monde juniors. Son nom commence à largement dépasser les frontières neuchâteloises.

Sportif émérite

Connu, le Neuchâtelois est aussi reconnu. «S’il y a une course dont je ne pouvais pas maîtriser tous les éléments, c’est celle du mérite sportif neuchâtelois», sourit l’homme de 28 ans. Nominé en 2013, Jérémy Huguenin est sacré meilleur sportif du canton pour son plus grand bonheur.

«Ce prix couronne aussi la façon d’être et comment nous sommes appréciés des gens. Il était très important à mes yeux», jubile-t-il quatre ans après avoir reçu son lot des mains du conseiller d’Etat Alain Ribaux. «Et pourtant, je sortais d’une année difficile avec BMC.» D’ailleurs, il claquera la porte du team d’Alexandre Moos pour rentrer au bercail, le VC Vignoble (2014-2015).

Chocolat amer

Clore son histoire sans évoquer Verbier-Grimentz, ce serait laisser un pan entier de sa carrière sur le bas-côté. Les marathons VTT, c’est son dada depuis qu’il sème papa. De son propre aveu, Jérémy Huguenin a «ouvert la voie à la discipline dans le canton». Des dizaines de podiums ne cacheront pas un bémol.

Trois fois quatrième du Grand Raid depuis Verbier, il se souvient en particulier du chapitre 2014.
«Le niveau y était extrêmement élevé. J’étais encore 7e à L’A Veille», conte-t-il. «Mais la plus grande frustration, ça reste 2015 où je visais clairement le podium.» L’histoire s’estompera là. Le vététiste regardera toujours le podium d’en bas, le regard envieux. Qu’importe, il bouclera la boucle avec 228 top 3, dont 166 victoires. Monstrueux. 

D'un extrême à l'autre

A croire que Jérémy Huguenin n’en a jamais assez de transpirer. Son VTT à peine posé, le Neuchâtelois a annoncé hier ses nouveaux objectifs sportifs. Finis chrono et classement, il cherchera d’abord à se surpasser et à achever d’improbables exploits. A commencer par Les Grandes Traversées du Jura, une épreuve de 186 km de ski de fond le long des crêtes éponymes. «J’ai toujours pratiqué le ski de fond en hiver et j’avais bien envie de continuer», relate Jérémy Huguenin. Pour l’accompagner sur ce défi fou, un autre vététiste neuchâtelois de renom, Michaël Montandon (18 participations au Grand Raid).

A côté, Jérémy Huguenin reprendra l’école de vélo du VC Vignoble, testera du matériel VTT, donnera des conférences et proposera des randonnées et des cours techniques dans la région. Tout ceci en plus du fitness dont il est responsable. «Mais je dois veiller à ne pas trop me disperser», plaisante l’hyperactif Neuchâtelois. Comprenez, le sport sera toujours le moteur d’une vie bien remplie.


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