14.11.2017, 18:08  

Pour Yann Moulinier, les Jeux olympiques sont au bout de la piste

Abonnés
chargement
1/2  

 14.11.2017, 18:08   Pour Yann Moulinier, les Jeux olympiques sont au bout de la piste

Bobsleigh - Yann Moulinier vise la qualification aux JO en Corée du Sud en 2018 comme pousseur. Le Chaux-de-Fonnier se lancera ensuite à l'assaut des Jeux en Chine en 2022 en tant que pilote.

Un pied dans le présent, un autre dans le futur. Pousseur dans le team de Beat Hefti, Yann Moulinier (24 ans) embrassera une carrière de pilote dès la fin de la saison. Avec les Jeux de PyeongChang pour clore en beauté le premier chapitre de sa vie sportive, et ceux de Pékin pour valider le deuxième. «Théoriquement, je pourrai...

Un pied dans le présent, un autre dans le futur. Pousseur dans le team de Beat Hefti, Yann Moulinier (24 ans) embrassera une carrière de pilote dès la fin de la saison. Avec les Jeux de PyeongChang pour clore en beauté le premier chapitre de sa vie sportive, et ceux de Pékin pour valider le deuxième. «Théoriquement, je pourrai participer à trois, voire à quatre olympiades suivant comment les choses se présenteront», évoque le talentueux et ambitieux Chaux-de-Fonnier. «Quand je suis en haut de la piste, je ne pousse pas pour la descente. Je pousse pour être le meilleur.»

Dans l’équipe «Hefti» depuis deux ans seulement, le Chaux-de-Fonnier a connu une «poussée» fulgurante. Au point d’être désormais à quatorze foulées de sa première aventure olympique en bob à quatre. «J’étais plutôt perplexe à mes débuts en 2015 avec cette histoire de JO. Mais là, ça devient concret», livre l’athlète du CEP Cortaillod, actuellement en tournée nord-américaine en Coupe du monde avec le Vallonnier Robin Santoli (lire ci-dessous). «Lors des tests nationaux, je me situe toujours entre la quatrième et la huitième place chez les pousseurs. Si l’on se base sur mon placement dans la hiérarchie helvétique actuelle, je suis donc dans la liste, ou tout juste remplaçant.»

Yann Moulinier espère se qualifier pour les JO de PyeongChang comme pousseur. Crédit: Benoît Bérard

Sélection pour les Jeux avant Noël

Distincte mais dépendante de la qualification des pilotes et du nombre de bobs suisses, la sélection des pousseurs pour la Corée du Sud s’effectuera les 22 et 23 décembre à Cesana, sur la piste des JO de Turin. «Il y aura les résultats des tests physiques qui seront pris en compte, mais également le poids de corps total du bob, l’expérience et la cohésion du groupe. Les écarts sont si minimes que ça risque de se jouer à rien», reconnaît l’athlète de 24 ans. «Si je devais échouer? Je n’aurai pas de regret, car je sais qu’il s’agit juste de la première étape.»

Car sa future carrière de pilote lui ouvre de belles perspectives, notamment avec les départs en retraite des «monstres» Rico Peter et Beat Hefti au lendemain des Jeux 2018. Depuis plus d’une année, le spécialiste du lancer du marteau est déjà en train de préparer la suite. Yann Moulinier a d’abord discuté avec son mentor appenzellois, qui restera dans la nouvelle structure pour l’épauler durant ce premier cycle olympique. Il a approché ensuite la fédération et l’entraîneur national Christoph Langen, prêts à l’appuyer dans son projet. Enfin, il a convaincu ses actuels coéquipiers de se lancer dans cette nouvelle aventure.

Yann Moulinier et son team sont actuellement en tournée américaine en Coupe du monde. Crédit: Wolfgang Kötteritzsch

Une transition "en douceur"

«La transition s’opérera en douceur», assure-t-il. «J’essaie de régler tous les paramètres pour que tout puisse fonctionner. En termes de matériel, nous sommes à la pointe de la technologie puisque nous reprendrons les bobs de Hefti. Au niveau des pousseurs, nous figurerons tantôt au top mondial. Je suis conscient que le financement est important (réd: 250 000 francs de budget annuel), mais je suis convaincu qu’il ne posera pas de problème. Finalement, la seule grosse inconnue concernera mes qualités de pilote.»
 

 

Avec le double médaillé olympique allemand, Christoph Langen, et Beat Hefti, Yann Moulinier a déjà élaboré la planification qui doit le conduire de la Coupe d’Europe jusqu’en haut de la piste de Pékin (lire ci-contre). «Nous avons fixé des objectifs ambitieux, mais réalistes. Le but est de procéder par étapes, sans se griller dès la première saison.»
L’avenir du «Bobteam Moulinier» s’annonce radieux. «Il faudra se montrer patient», tempère le Chaux-de-Fonnier. «J’aurai atteint mon pic de forme physique dans deux-trois ans. Et quand mon corps commencera à décliner, mes compétences en tant que pilote ne vont, théoriquement, que cesser de grimper jusqu’à 35 ans.» 

Robin Santoli: Je me réjouis de commencer ce projet

Vous avez intégré le team Hefti ensemble avec Yann Moulinier. Vous allez poursuivre l’aventure sous sa direction. Impatient? 

C’est un peu paradoxal, car malgré l’effervescence en cette année olympique au sein de Swiss Sliding, je me réjouis quand même de commencer ce nouveau projet avec Yann l’année prochaine. Honnêtement, c’est dur de ne pas y penser.

Robin Santoli (à droite) va être le fidèle pousseur de Yann Moulinier. 

On peut vous comparer un peu comme son fidèle écuyer?

C’est une belle image, car je le suis un peu où qu’il aille. Lors des derniers entraînements en bob à deux, j’ai été son pousseur. Normalement, j’irai également, avec lui, en Amérique du Nord au printemps prochain pour les camps de pilotage. Je crois bien que je vais encore souvent aller râper de la glace avec la tête.

Avant cela, il y a les JO de PyeongChang. En rêvez-vous?

Si nous qualifions Beat Hefti cet hiver en Coupe du monde, j’ai peut-être une petite opportunité d’aller en Corée du Sud. Il serait bête, quoi qu’il en soit, de ne pas tenter sa chance. Mais je suis conscient que mes chances de qualification seront plus grandes dans quatre ans car j’aurai davantage d’expérience, et il y aura plus de place pour les jeunes.

En haut de la piste de bobsleigh

Team Hefti  Beat Hefti peut s’appuyer sur six pousseurs dans son team: les deux Neuchâtelois Yann Moulinier (24 ans) et Robin Santoli (24), le Lucernois Sandro Ferrari (22), le Saint-Gallois Marco Tanner (23), l’Argovien Marco Leimgruber (30) et le Bernois Lukas Flückiger (22).

Le team Hefti (de gauche à droite): Beat Hefti, Yann Moulinier, Sandro Ferrari et Robin Santoli. Crédit: Wolfgang Kötteritzsch

Relève Après le départ à la retraite des deux monstres, Rico Peter (34 ans) et Beat Hefti (39), Yann Moulinier sera l’un des grands espoirs du bobsleigh helvétique derrière l’expérimenté Clemens Bracher (30). «La relève existe et nous sommes quelques pilotes à frapper à la porte», souligne-t-il.

Professionnel  Depuis décembre 2016, Yann Moulinier, 107 kg de muscles, se consacre exclusivement au bobsleigh. «La situation devenait ingérable. Quand j’étais au sport, je pensais au travail et vice-versa. Je peux planifier mes heures d’entraînement et mes temps de récupération de manière optimale. Je gère aussi mieux ma nutrition.»

Ne faire qu’un avec le bob  «Quand une victoire se joue au centième de seconde, le feeling avec le bob prend une importance primordiale. L’expérience se gagne aussi à ce niveau. J’accompagne Beat Hefti, lorsqu’il élabore le nouvel engin. Il me donne plein de conseils», explique Yann Moulinier. Les succès de l’hiver se façonnent en été.


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !

À lire aussi...

BOBSLEIGHYann Moulinier pousse à la porteYann Moulinier pousse à la porte

BOBYann Moulinier se lance  un grand défi olympiqueYann Moulinier se lance  un grand défi olympique

couacBobsleigh: Peter, Hefti et son pousseur neuchâtelois Moulinier totalement hors sujet à Park CityBobsleigh: Peter, Hefti et son pousseur neuchâtelois Moulinier totalement hors sujet à Park City

Top