12.10.2017, 17:23  

La fermeture de hangars de pompiers échauffe les esprits à la Béroche

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Montalchez a connu son dernier incendie en mai 2009.

 12.10.2017, 16:59   La fermeture de hangars de pompiers échauffe les esprits à la Béroche

Littoral Du côté de la Béroche aussi, la réorganisation en cours des pompiers du Littoral fait jaser. Des propos sévères ont été tenus lors de la dernière séance du Conseil général de Montalchez.

"Machinerie de dingues" ou encore "absurdité". La critique vise la réorganisation des pompiers sur le Littoral. A la suite de La Tène, les propos ont flambé récemment à la Béroche.

Ce qui met le feu aux poudres? La fermeture annoncée pour la fin de l’année des casernes de pompiers de Fresens et Montalchez, comme celles de Marin, Enges,

"Machinerie de dingues" ou encore "absurdité". La critique vise la réorganisation des pompiers sur le Littoral. A la suite de La Tène, les propos ont flambé récemment à la Béroche.

Ce qui met le feu aux poudres? La fermeture annoncée pour la fin de l’année des casernes de pompiers de Fresens et Montalchez, comme celles de Marin, Enges, Chaumont et Colombier.

"A l’envers du bon sens"

Le mois dernier, Patrick Guillaume a profité de la séance du Conseil général de Montalchez pour pousser "un coup de gueule: avec la fermeture de notre hangar, nous n’aurons même plus un mètre de tuyau, une motopompe". Le conseiller général a dénoncé une évolution "à l’envers du bon sens. Où va-t-on? Depuis la nuit des temps, un incendie s’éteint dans les premières minutes".

"C’est tellement compliqué quand c’est simple!" Auteur de cette boutade, Daniel Götsch, président du législatif, n’a pas mâché ses mots: "Une machinerie de dingues est en route." Il a pointé du doigt "l’absurdité de la protection du feu aujourd’hui". Selon lui, "l’intérêt n’est même plus d’intervenir rapidement et de sauver la maison. Derrière cette politique, il y a une pensée économique, on s’en fout d’une baraque..."

Créer "une milice"?

"Les trois conseillers communaux sont convaincus de vos remarques. Mais l’Ecap (réd: Etablissement cantonal d’assurance et de prévention) pousse", selon Stéphane Vuillermet, de l’exécutif. Son collègue Christian Raymondaz a relevé que, lors du dernier incendie à Montalchez, "la maison a brûlé mais pas les deux d’à côté. Sans les pompiers du village, elles cramaient. Ça a été dit maintes fois à l’Ecap..."

Faut-il créer "une milice" de pompiers locale? L’idée a été mise sur le tapis. Sa réalisation poserait un problème de légalité. Alors, une fatalité? "Il y a une politique de petits roitelets à Neuchâtel dans bien des domaines et la population ne se bouge pas assez", a conclu Daniel Götsch.

Villageois démotivés et questions à Saint-Aubin

"J’ai un futur ex-pompier à la maison." Cette annonce d’une conseillère générale de Montalchez illustre une certaine démobilisation. Une précédente concentration avait déjà entraîné des départs. Si les pompiers volontaires sont encore dix à Montalchez, ils étaient 37 avant 2010.

Cette année-là, la commune a rejoint, avec Fresens, le syndicat intercommunal regroupant Gorgier, Saint-Aubin et Vaumarcus. A la caserne de Saint-Aubin, l’apport des volontaires des hauts de la Béroche est apprécié. Ils sont en effet à même de mettre en place une arrivée d’eau sur laquelle les renforts n’ont plus qu’à se brancher. A Saint-Aubin, certains se demandent s’il est bien raisonnable de fermer les hangars de Fresens et Montalchez avant que leur caserne soit équipée d’un véhicule transportant une quantité suffisante d’eau.

Quant aux économies liées aux fermetures, le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne saute pas aux yeux des Bérochaux. La location annuelle des deux hangars est de 2800 francs à Montalchez et de 1200 francs à Fresens.

Révolution en cours

La réorganisation en cours est "une révolution", reconnaît Thierry Droxler, responsable de la défense incendie à l’Etablissement cantonal d’assurance et de prévention. Les réactions à Montalchez notamment sont compréhensives: "On leur enlève quelque chose." Mais elles sont d’un "autre temps".

Aujourd’hui, "on prend de la hauteur, avec une vision plus globale", guidée par la politique et la quête d’économies, mais aussi par "la réalité du terrain". Avec l’évolution de la construction, "le feu est davantage confiné à l’intérieur du bâtiment et le danger est accru avec du mobilier en matières synthétiques dérivées du pétrole".

L’humain a-t-il été oublié dans l’évolution en cours? "Le facteur humain est difficile à estimer. Nous avons besoin de pompiers volontaires mais ils s’attachent parfois un peu trop à l’aspect matériel: ‘Mon hangar, ma pompe, mes tuyaux, mes copains’, au lieu de se concentrer sur la cause pour laquelle ils s’engagent."

"Contraintes" et "standards"

La population des 22 communes membres du syndicat des sapeurs-pompiers du Littoral aurait pu contester la fermeture de casernes par référendum. Elle ne l’a pas fait dans le délai imparti, soit jusqu’à mi-août.

Quelques semaines plus tard, "nous avons reçu les pompiers volontaires, avec des rencontres spécifiques pour ceux dont la caserne allait fermer", précise Violaine Blétry-de Montmollin, conseillère communale à Neuchâtel et présidente du comité exécutif du syndicat. "Il y a parfois eu un peu d’ambiance. On ne ferme pas des points de départ sans émotion. Mais le but était d’échanger, d’expliquer et d’accompagner."

Il est trop tôt pour parler de démobilisation liée à la réorganisation, selon Violaine Blétry-de Montmollin. "Quelques démissions arrivent, mais il y a aussi de nouveaux intéressés. Les jeunes notamment sont motivés, car ils ont compris qu’il y avait aussi des aspects positifs aux réformes, comme le type et le nombre d’interventions et les moyens mis à leur disposition."

L’élue souligne que "la population n’a pas à avoir de craintes. Les standards de sécurité seront respectés malgré ces fermetures". Et de rappeler les "contraintes" de la nouvelle loi cantonale. Celle-ci vise "la rationalisation et le regroupement des moyens, ainsi que la réduction et la maîtrise des coûts. La région Littoral, de par notamment sa grandeur, est encore moins efficiente que les trois autres. Nous devons donc nous réorganiser".

Matériel examiné et budget amélioré

La Béroche est donc d’abord concernée par le premier objectif: "En cas de sinistre, chaque unité doit pouvoir engager un certain nombre de moyens et ils sont plutôt à Saint-Aubin", note Violaine Blétry-de Montmollin. D’ailleurs, "le subventionnement du matériel par l’Ecap ne se fait que si les moyens sont regroupés".

Côté investissements, "tout le matériel est en train d’être analysé avec l’aide de l’Ecap". Le budget 2018 du syndicat sera soumis à l’assemblée générale à la fin du mois, "avec une amélioration financière significative". Un nouveau mode de gouvernance sera par ailleurs soumis au vote lors d’une assemblée générale extraordinaire en décembre. "Le fonctionnement actuel du syndicat est trop lourd."


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