07.11.2017, 19:20  

Fleurier: simples massages ou véritable viol?

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Y a-t-il bien eu viol en janvier dernier dans un appartement de Fleurier? (Image d'illustration)

 07.11.2017, 19:20   Fleurier: simples massages ou véritable viol?

Justice - Le Tribunal du Littoral et du Val-de-Travers se penche sur des actes sexuels qui se sont déroulés en début d'année à Fleurier. Avec une question centrale: y a-t-il eu viol?

L’a-t-il violé? Telle est la question que doivent trancher les juges du Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers. Ce mardi à Boudry, ils ont entendu les témoignages très divergents de Mauro*, jeune trentenaire italo-suisse accusé du viol, et de Julie*, sa présumée victime, une quinquagénaire décrite comme fragile.

Les faits datent de janvier dernier, à Fleurier. Mauro aborde...

L’a-t-il violé? Telle est la question que doivent trancher les juges du Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers. Ce mardi à Boudry, ils ont entendu les témoignages très divergents de Mauro*, jeune trentenaire italo-suisse accusé du viol, et de Julie*, sa présumée victime, une quinquagénaire décrite comme fragile.

Les faits datent de janvier dernier, à Fleurier. Mauro aborde Julie au restaurant et lui paye un verre. «Il était calme et sympathique, mais je ne savais pas la suite.» La soirée se poursuit dans un second établissement, puis chez madame. Selon l’acte d’accusation – qui totalise une dizaine de chef d’accusation (lire aussi ci-contre) –, il s’y serait «incrusté sous prétexte d’avoir raté son train». Selon lui, c’est elle qui l’a invité pour un massage. 

Un massage, puis...

Là, les deux histoires divergent encore plus. «J’ai proposé un massage pour ne pas faire autre chose», dit-elle. La suite, selon le Ministère public, qui reprend l’essentiel du témoignage du Julie, inclut une pénétration  sous la contrainte et plusieurs autres actes sexuels, avant que Mauro ne quitte les lieux. Lui jure que rien de tout cela ne s’est passé. Seul point commun des deux versions, son départ dans la nuit, faute de ventolin.

Julie ne portant pas plainte directement, l’histoire prend un autre tour un soir de février, lorsqu’ils se croisent à nouveau. Selon lui, elle l’a à nouveau invité pour un massage. Selon elle, il a profité de la porte ouverte pour venir la trouver à la buanderie. S’incrustant à nouveau, puis la forçant à lui prodiguer un massage, il lui aurait demandé une felation. Profitant d’une inattention de Mauro dû au chat de Julie, celle-ci s’enfuit et est recueilli sur la rue par un agent de sécurité. 

Même si son sperme est retrouvé sur le canapé, Mauro conteste tout autre chose que le massage. Le lendemain, il est tout de même arrêté et placé en détention.

Qui est crédible?

Hier matin, neuf mois après les faits, la procureure Sylvie Favre n’a pas manqué de relever les témoignages changeants de Mauro, qui a longtemps dit ne jamais être allé chez Julie. Au contraire, elle a relevé une certaine constance dans le témoignage de Julie, même si celle-ci reste parfois confuse et suit un traitement psychiatrique.

urtout, des détails rendent son témoigagne crédible. «Quand on invente  un viol, on n’invente pas la fuite du chat», remarque la procureure. Par ailleurs, d’autres actes du prévenu, à l’encontre de ses anciens logeurs, ne parlent pas en sa faveur.

Défenseur de Mauro, Nicolas Marthe a une vision différente. «La confusion de madame n’est pas un gage de véracité. Mon client a fait une erreur au départ en niant être allé chez la plaignante, mais ça n’en fait pas un violeur», a-t-il plaidé, mettant en exergue le flou sur le déroulé des événements et surtout sur les oppositions formulées ou non par Julie. «Il y a un doute sur les événements ou, au pire, sur leur perception.»

Le tribunal présidé par Nathalie Kocherhans devra trancher. Le Ministère public requiert quatre ans de prison pour Mauro, tandis que son défenseur propose de se limiter à des jours-amendes, pour les autres préventions dont est accusé Mauro. Le jugement est attendu ce mercredi. 

* Prénoms d'emprunt

Il tente de mettre le feu à des voitures!

En plus de la prévention de viol, Mauro fait aussi face à des accusations de dommages à la propriété, d’utilisation abusive d’un téléphone et de tentative d’incendie intentionnel. Les plaignants sont ses anciens logeurs à Couvet. A la même période que le viol présumé, soit entre janvier et février cette année, ces derniers ont demandé à Mauro de libérer l’appartement après six mois de cohabitation difficile. Un différend sur la facturation du nettoyage de son appartement a définitivement mis le feu aux poudres. 

Le lendemain de l’envoi de la facture, les époux propriétaires ont retrouvé leurs deux voitures complétement rayées. Quelques jours plus tard, c’est madame qui reçoit une série de SMS et de messages vocaux moqueurs. La caméra de surveillance qui venait alors d’être installée capte ensuite Mauro en train de crever les pneus des véhicules. Le même Mauro revient quelques heures après pour tenter de mettre le feu aux voitures et à la maison, à l’aide d’alcool à brûler... 

S’il ne conteste pas être l’auteur des faits filmés, Mauro conteste les rayures. Et ce, quand bien même la peinture métalisé d’une des voitures a été retrouvée sur ses clés, comme n’a pas manqué de le relever le procureure Sylvie Favre.


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