11.11.2017, 00:01  

Peu d’espoir pour sauver la crèche

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Le popiste Cédric Dupraz accuse les socialistes, qui soutiennent les réformes fiscales du canton, d’avoir leur part de responsabilité  dans les problèmes financiers du Locle, et par là même la fermeture de la crèche.

 11.11.2017, 00:01   Peu d’espoir pour sauver la crèche

LE LOCLE - Le POP accuse le PS d’être en partie responsable de la gabegie financière.

Le public était venu particulièrement nombreux assister, jeudi soir, au Conseil général du Locle, pour entendre les élus débattre de la fermeture de la crèche L’Etoile, qui a fait l’objet d’une interpellation de la socialiste Dominique Andermatt-Gindrat.

Las, l’enthousiasme des parents et des éducatrices a été quelque peu douché par les explications du conseiller communal en charge de l’instruction...

Le public était venu particulièrement nombreux assister, jeudi soir, au Conseil général du Locle, pour entendre les élus débattre de la fermeture de la crèche L’Etoile, qui a fait l’objet d’une interpellation de la socialiste Dominique Andermatt-Gindrat.

Las, l’enthousiasme des parents et des éducatrices a été quelque peu douché par les explications du conseiller communal en charge de l’instruction publique au Locle, Jean-Paul Wettstein.

«Si on doit fermer la crèche, c’est pour deux raisons, la fréquentation et les finances», a-t-il rappelé. «Peu de parents veulent mettre leurs enfants dans une crèche décentrée», ce qui explique en partie le faible taux d’occupation. «Et du côté des finances, on ne peut pas régater par rapport au privé, où le personnel est moins payé.»

Vingt-quatre enfants fréquentent actuellement la crèche. «Les parents se mobilisent, soit. Mais ils ont des solutions aux Diablotins. A la fin de l’année scolaire, il ne restera que 14 enfants à placer et tous pourront être accueillis dès le mois d’août aux Diablotins. Aucun enfant ne restera sur le carreau. Mais certains parents des Monts ont d’ores et déjà refusé d’y placer leur enfant...»

La fermeture de la crèche permettrait d’économiser entre 150 000 et 200 000 francs. «Une économie ridicule», estiment les parents dans une pétition qui sera remise à la chancellerie le 18 novembre prochain.

«200000francs, ce n’est pas une économie ridicule, c’est le budget de la Musique scolaire», a illustré Jean-Paul Wettstein, en rappelant que les sept suppressions de poste annoncées «ne sont pas des licenciements. On va tout faire pour replacer notre personnel. Il a été génial. On est vraiment navré de fermer.»

Les parents imaginaient un partenariat avec des entreprises, à l’instar de celui dont bénéficie la crèche Tic-Tac à La Chaux-de-Fonds. «Cette crèche a été créée par Hildebrand, la Banque cantonale neuchâteloise et le canton. Mais si la BCN soutenait L’Etoile, cela reviendrait à subventionner la Ville! Ce n’est pas envisageable, il faudrait passer par une association ou une fondation.»

Un dossier douloureux, «mais la décision du Conseil communal est irrévocable». Le verdict final reviendra aux conseillers généraux lors de la présentation du budget le 6 décembre prochain. Tous attendent de voir les chiffres pour se prononcer.

«Vous avez fait perdre des millions au Locle!»

«Vous avez fait perdre des millions au Locle!», a lâché le conseiller communal popiste Cédric Dupraz, jeudi soir, à l’intention des socialistes, allusion à leur soutien à la politique fiscale menée par l’Etat.

De fait, si la socialiste locloise Dominique Andermatt-Gindrat s’est fermement opposée à la fermeture de la crèche L’Etoile jeudi soir par le biais d’une interpellation, elle venait de refuser la veille au Grand Conseil, à l’instar de sa camarade PS Corine Bolay Mercier, et des PLR loclois, la motion populaire lancée par le popiste chaux-de-fonnier Karim Boukhris qui proposait une révision plus juste de la fiscalité (lire notre édition de jeudi). Or, le POP ne cesse de marteler que ce sont justement les ponctions de l’Etat qui plombent le budget de la Ville depuis 2013, et la conduisent à prendre des décisions douloureuses, comme la fermeture de la crèche ou le report du projet piscine, parmi d’autres sacrifices annoncés.

Interrogée sur cette contradiction, c’est très empruntée que Dominique Andermatt-Gindrat nous a répondu hier. «Je n’ai pas d’argument», a-t-elle admis. «La fiscalité, ce n’est pas ma spécialité. Je n’ai pas les capacités personnelles pour traiter de ces problématiques. Je me rallie à mes camarades de parti pour voter sur ces questions. Je ne peux que dire qu’une motion demande un travail d’étude qui prend un temps fou et nécessite des discussions. Et que c’est sûrement pour cela que le PS l’a refusée.»

Du côté PLR, Michel Zurbuchen sait pourquoi il a refusé jeudi, comme ses colistiers loclois Jean-Paul Wettstein et Stéphane Rosselet, la motion populaire sur la révision de la fiscalité.

«Le but des rabais fiscaux consentis aux personnes morales est d’empêcher une migration de nos entreprises vers d’autres cantons, comme Vaud, qui est très attractif.» L’élu admet que «ces rabais fiscaux plombent le budget du Locle pour l’instant, mais à terme, les comptes devraient s’équilibrer grâce à l’arrivée de nouvelles entreprises», prédit Michel Zurbuchen. Le hic, c’est que ces nouvelles entreprises, qui auraient dû venir, attirées par les cadeaux fiscaux du canton comme les abeilles par le miel, les Loclois n’en ont pas vu des masses. «C’est en raison de la crise. Mais tout cela devrait s’équilibrer quand la conjoncture reprendra.»

Président du Grand Conseil, Jean-Paul Wettstein, en charge de l’Instruction publique au Locle et par là même du dossier de la crèche, explique, lui, que «le problème, ce ne sont pas les ‘cadeaux’faits aux entreprises. Ce qui prétérite les finances du Locle, c’est plutôt la clef de répartition. A l’époque où on nous a présenté la nouvelle péréquation financière mise en place en 2013, la conjoncture était bonne. Or, les choses ont changé. Les effets touchent aujourd’hui les communes industrielles de plein fouet. Le Conseil d’Etat a admis être allé trop loin et doit introduire la péréquation des charges afin de temporiser cette loi d’ici deux ans. Cela aurait déjà dû être fait, mais c’est entre les mains du canton...»


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