07.12.2017, 16:00  

Pour les voisins, c'est "la villa de trop" dans la boucle des Herses

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Les constructions qui fâchent aux Herses. Photo © David Marchon

 04.12.2017, 15:56   Pour les voisins, c'est "la villa de trop" dans la boucle des Herses

Urbanisme Au Crêt-du-Locle, dans le quartier des Herses, quatre opposants à un projet de construction de maison individuelle interpellent les médias sur ce qu'ils estiment être l'épisode de trop. La commune se retranche derrière le secret de la procédure.

"Ici, ça devient C...land", s'exclame un habitant de la boucle des Herses, au Crêt-du-Locle. Il fait allusion au patron d'une grosse boîte horlogère, qui veut faire construire une troisième maison familiale dans le quartier. Les gabarits sont posés, mais quatre oppositions (sur la petite dizaine qu'il y aurait eues au départ) sont toujours pendantes. 

Les riverains se tournent vers les médias, parce qu'ils...

"Ici, ça devient C...land", s'exclame un habitant de la boucle des Herses, au Crêt-du-Locle. Il fait allusion au patron d'une grosse boîte horlogère, qui veut faire construire une troisième maison familiale dans le quartier. Les gabarits sont posés, mais quatre oppositions (sur la petite dizaine qu'il y aurait eues au départ) sont toujours pendantes. 

Les riverains se tournent vers les médias, parce qu'ils n'ont plus confiance dans la commune de La Chaux-de-Fonds ni même dans le canton: ils soupçonnent que, selon la taille du porte-monnaie, c'est le régime du deux poids, deux mesures qui prévaut pour les propriétaires du quartier. 

Projet limite ou hors-la-loi?

En passant tous les jours devant la toute dernière construction du coin, une grande maison avec piscine à débordement, et sur les plans qu'ils se sont procurés, les opposants se demandent toujours comment il est possible que la maison respecte toutes les conditions imposées dans cette zone à bâtir de faible densité.

En l'occurrence, le bâti ne doit pas excéder un quart de prise au sol sur la totalité de la parcelle de terrain, les espaces verts doivent atteindre au minimum 40% et en principe, les gabarits de deux bâtiments ne peuvent pas se croiser. 

Dans les calculs de l'architecte communal qui nous ont été transmis, on arrive pile à ces limites. Mais à ce stade, les voisins ne se contentent plus de chiffres officiels. L'un d'eux a fait appel à un ami architecte pour que celui-ci examine le dossier.

"Tiré par les cheveux"

Sans être affirmatifs pour l'instant, les opposants enquêtent et accumulent les soupçons, sur le fond et la forme. Ils sont particulièrement dubitatifs sur le calcul des espaces verts, qui, selon le règlement, doivent composer une surface perméable. 

Selon les explications qu'un membre du Service de l'urbanisme aurait servies à l'un des opposants, les architectes ont aussi compté une partie de la route d'accès du quartier, dont les riverains sont copropriétaires, dans le calcul de la taille de la parcelle en question, pour rester dans la fourchette de 25% de surface bâtie. 

Bref, "un projet tiré par les cheveux", qui, toujours selon des dires rapportés, aurait nécessité un record d'heures de travail à la commune pour un projet d'habitation privée. 

La Ville invoque le secret de la procédure

Responsable de l'urbanisme, le conseiller communal Théo Huguenin-Elie invoque le secret de la procédure en cours, mais il assure que "tous les projets sont traités sur un pied d'égalité". 

Un proche du dossier affirme qu'il s'agit d'un projet sans demande de dérogation. Les opposants auraient donc peu de chance de succès. 

C'est la découverte de nouveaux gabarits cet été qui a fait sortir les opposants de leurs gonds. "On s'était dit que le propriétaire avait acquis la parcelle voisine pour légaliser la taille de la dernière maison, mais non, c'était pour en construire une autre tout aussi contestable!"

Remontés contre le propriétaire

Les derniers travaux, qui ont duré plusieurs années, auraient causé quelques désagréments et des dégâts à la route. Le voisin de la future construction craint aussi pour sa citerne - sa seule alimentation en eau -, enterrée à quelques mètres des futurs murs. 

Et un autre opposant de se demander pourquoi cette famille n'est pas allée "se faire construire un château ailleurs. Ces grosses constructions aux toits plats dénaturent le quartier. Et dire qu'on a refusé une piste de pétanque à mon voisin..."

Intervention cantonale?

Bavard, l'employé du Service de l'urbanisme aurait affirmé à un opposant que "le canton s'est invité à la discussion", avant de changer sa version des faits et de déclarer que "la commune a sollicité l'avis du canton". Il n'en fallait pas plus pour déterminer les opposants à se battre jusqu'au bout. 

Quant au propriétaire en question, il affirme avoir fait les choses dans les règles et être parfaitement serein. 

Pot de terre et pot de fer

Les opposants des Herses le craignent: leur combat est un peu celui du pot de terre contre le pot de fer. Ils ne désarment pas pour autant. Et de fait, on a déjà vu des citoyens lambda remporter la bataille face à des entreprises d’importance ou des professionnels de l’urbanisme.

A La Chaux-de-Fonds, on se souvient que la cheffe des permis de construire elle-même avait dû renoncer, en 2009, à son propre projet, rue de Bel-Air. Une construction hors normes qui figurait sur le rapport de la vente du terrain, validé par le Conseil général chaux-de-fonnier.   

Idem au Locle, quand l’entreprise Montblanc envisageait de créer une  «zone d’activité horlogère», comprenant une aire de constructions dont la hauteur pouvait aller jusqu’à 20 mètres. Ce entre la rue des Tourelles et la rue Alexis-Marie-Piaget, en zone de faible densité.

Jusqu'au Tribunal fédéral

Là encore, le projet avait pourtant passé la rampe sans difficulté au Conseil général du Locle, en juin 2010. A l’unanimité moins une voix... Celle du propriétaire d’une maison jouxtant la villa Montblanc, élu du PS... qui avait appris la nouvelle sur les bancs du législatif!  

Seul opposant au projet, il avait dû engager quelque 15'000 francs de frais pour faire valoir ses droits jusqu’au Tribunal fédéral, la Ville du Locle ayant recouru contre une première décision du Tribunal cantonal neuchâtelois.

Mais, au final, Montblanc a dû renoncer à son projet après quatre ans de procédure judiciaire. La justice fédérale a donné gain de cause au propriétaire, et ses frais de justice et de procédure lui ont été entièrement remboursés par la partie adverse, nous a-t-il confirmé hier. «Je ne sais pas comment la Ville du Locle s’est arrangée avec Montblanc, mais ce dont je me souviens, c’est de l’arrogance des autorités et de la direction de l’entreprise qui avait refusé tout arrangement». /SYB


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