16.10.2017, 19:06  

Couple poignardé à La Chaux-de-Fonds: "Elle nous criait d'appeler la police"

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L'homicide s'est produit dans un appartement de la rue des Vieux-Patriotes à La Chaux-de-Fonds. Le service forensique a été mobilisé.

 16.10.2017, 19:06   Couple poignardé à La Chaux-de-Fonds: "Elle nous criait d'appeler la police"

Drame - Un couple a été poignardé dimanche soir dans un appartement de La Chaux-de-Fonds. L'épouse a succombé à ses blessures, le mari a été hospitalisé. Des voisins ont accepté de nous livrer leurs témoignages.

Au 48 rue des Vieux-Patriotes, à La Chaux-de-Fonds, le soleil tape fort sur l’immeuble. Tout y a l’air calme, ce lundi après-midi. L’atmosphère est même paisible. Il fait juste anormalement estival. Lourd. Sinon, rien, ni bande jaune policière délimitant le périmètre ni affolement policier aux alentours, ne laisse deviner que la veille au soir, au 4e étage de ce bâtiment sis au bout d’un tranquille quartier de villas, on puisse avoir eu envie de tuer.

Et pourtant...

Au 48 rue des Vieux-Patriotes, à La Chaux-de-Fonds, le soleil tape fort sur l’immeuble. Tout y a l’air calme, ce lundi après-midi. L’atmosphère est même paisible. Il fait juste anormalement estival. Lourd. Sinon, rien, ni bande jaune policière délimitant le périmètre ni affolement policier aux alentours, ne laisse deviner que la veille au soir, au 4e étage de ce bâtiment sis au bout d’un tranquille quartier de villas, on puisse avoir eu envie de tuer.

Et pourtant une femme, une Suissesse de 62 ans, y  a perdu la vie après avoir été lacérée de coups de couteau. Le pronostic vital de son mari, 36 ans, d’origine maghrébine, n’est, lui, pas engagé. Toutefois, grièvement blessé après une altercation au domicile conjugal dont tous les éléments sont dorénavant à rassembler, l’époux a été héliporté à l’hôpital de l’Ile, à Berne. 

Auteurs présumés arrêtés

On peut donc avoir des envies de meurtre, même au terme d’un splendide dimanche ensoleillé. Qui a été ainsi  mû par la rage au point d’en découdre jusqu’au meurtre de ces époux? Trois quarts d’heure après le massacre à l’arme blanche, la police a interpellé en pleine rue l’un des auteurs présumés, sans qu’il n’oppose de résistance.

Il s’agissait du fils de la victime, un Suisse de 31 ans domicilié dans la région. Son acolyte s’est présenté en personne à la police, plus tard.

Il était 21h30, dimanche, lorsque la Centrale neuchâteloise d’urgence a été avisée du drame.  

«Cris et appels au secours»

«Nous avons entendu comme une explosion», décrit une voisine du couple dont la femme est décédée. «J’ai bien eu ensuite la police qui est passée chez moi et chez ceux qui habitent à cette adresse pour poser des questions... Mais j’ignorais pourquoi. En fait, j’ai fini par apprendre sur Arcinfo, ce qui s’est passé. Je ne savais pas qu’il y avait eu un mort!»

Connaissait-elle les conjoints frappés par cette furie meurtrière? «Non, vous savez, avec l’ascenseur, chacun ne pratique quasiment que son étage.»

Une femme et son mari se rappellent des cris de la malheureuse, avant qu’elle ne succombe. Elle hurlait: «Au secours! Appelez la police! Vite!» Et on entendait comme des meubles précipités à terre. Et aussi comme si quelqu’un avait tenté de trouver refuge derrière une porte et qu’un récalcitrant voulait enfoncer celle-ci pour le tirer de là! L’ambiance était exacerbée apparemment, et terrorisante.»

«Des hurlements, du sang dans l’ascenseur...» Une dame du locatif, encore sous le coup de l’effroi, restait terrée chez elle hier après-midi. «Comme si cesser de bouger me protégeait...» Une autre dormait, n’ayant pas fermé l’œil de la nuit, de dimanche à ce lundi. «Après les innombrables va-et-vient de la police dans la cage d’escalier suite au violent épisode survenu au dernier étage, elle a besoin de repos», explique son mari...

La tragédie a en effet nécessité le déploiement de plusieurs patrouilles de la police neuchâteloise, d’inspecteurs de la police judiciaire, ainsi que de spécialistes du service forensique. Le SIS des Montagnes neuchâteloises est, quant à lui, intervenu avec cinq hommes, une ambulance et un camion-échelle pour l’évacuation sanitaire du blessé.

Détention provisoire?

Sylvie Favre, procureure de permanence, a ouvert une instruction pénale afin d’établir les causes et les circonstances exactes du drame. C’est à elle qu’il revient maintenant de formuler une demande auprès du Tribunal des mesures de contraintes pour la mise en détention provisoire des deux hommes appréhendés.

Dans le canton de Neuchâtel, 11 homicides ont été perpétrés ces dix dernières années. Dont dix ont été à déplorer dans le cadre familial. 

Scanners 3D

A l’étage du sinistre, revêtus de la tête aux pieds d’une combinaison blanche, pour ne laisser aucune trace de leur passage, les hommes de la police scientifique œuvraient toujours sur place, 24 heures après l’homicide.

Ils procédaient à un relevé des lieux avec un scanner 3D. L’appareil, sur un trépied, réglable à plusieurs hauteurs, tourne sur lui-même et se déplace, seul, dans l’appartement. Il prend des mesures de distance sur la configuration de l’appartement et sur tout ce qui s'y trouve.

Il collecte de la sorte un ensemble de points, prend des photos. Ce qui permet ensuite de procéder à une reconstruction de l’appartement en trois dimensions.


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