13.07.2017, 17:02  

L'aire prévue pour les Yéniches à Vaumarcus, un nid de vipères

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La future aire de passage des gens du voyage suisses (dans l’ombre).

 13.07.2017, 16:42   L'aire prévue pour les Yéniches à Vaumarcus, un nid de vipères

Gens du voyage En plus de cinq particuliers, Pro Natura et le WWF ont mis leur veto au projet cantonal d'aire de passage destinée aix gens du voyage suisses à Vaumarcus. Le site abrite une population de vipère aspic, une espèce en danger d’extinction.

Une aire de passage saisonnière aurait dû être à disposition des gens du voyage suisses le mois dernier à Vaumarcus. C’était sans compter une mise à l’enquête pour des aménagements et sept oppositions.

Si cinq particuliers ont mis leur veto au projet du canton, c’est aussi le cas pour deux organisations environnementales: Pro Natura et le...

Une aire de passage saisonnière aurait dû être à disposition des gens du voyage suisses le mois dernier à Vaumarcus. C’était sans compter une mise à l’enquête pour des aménagements et sept oppositions.

Si cinq particuliers ont mis leur veto au projet du canton, c’est aussi le cas pour deux organisations environnementales: Pro Natura et le WWF.

>> A lire aussi: "Mise à l’enquête publique pour les gens du voyage"

Une espèce à protéger

A l’ouest de Vaumarcus, au lieu-dit Vers-Rive, entre route et ligne ferroviaire, des parapets ont été posés pour empêcher aux véhicules d’accéder au terrain, tant qu’il n’est pas prêt. «Ce site abrite une population de reptiles, dont l’élément phare est la vipère aspic, une espèce en danger d’extinction», explique Yvan Matthey, chargé d’affaires à Pro Natura Neuchâtel.

Les mesures de compensation liées à la construction de l’autoroute, avec un passage à faune, ont en effet favorisé l’implantation de ce serpent. «Il y a pris ses aises. Le comité est outré que l’on puisse aménager un site, avec de jeunes enfants, à proximité d’une population de vipères aspics», souligne Yvan Matthey.

Un spécimen de vipère aspic, ici au zoo du Bois du Petit-Château à La Chaux-de-Fonds. Photo: Lucas Vuitel

Vaines séparations

Alors que l’Etat veut «mettre de petits murets et des clôtures, nous ne croyons pas à cette séparation. Confrontation il y aura». Ainsi, des enfants auront tôt fait de contourner les barrières. «Ou ils iront au bord du lac, dans les gabions, où il y a aussi plein de vipères.» De deux choses l’une: «Soit on résout le problème et l’on diminue l’habitat des vipères, ce qui est contraire à la législation fédérale, soit des gens vont aller les tuer».

Les organisations écologistes demandent à l’Etat de trouver «un autre terrain, pas dommageable à ces espèces». Au risque d’entrer en conflit avec un propriétaire privé. «Quand vous voulez construire une route, vous expropriez. Or, mettre une aire à disposition des gens du voyage répond à une obligation fédérale.»

Le collaborateur de Pro Natura estime que les gens du voyage sont traités différemment que pourraient l’être des touristes, par exemple. Ainsi, on n’envisagerait pas d’installer un camping là où l’on aurait identifié un foyer de «tiques malades de la borréliose», ou maladie de Lyme.

>> A lire aussi: "Gens du voyage suisses accueillis"

«Notre dossier est solide»

Pour Yvan Matthey, désormais, «la balle est dans le camp des autorités cantonales». Ce que confirme le Département du développement territorial et de l’environnement (DDTE), qui a rencontré sur place Pro Natura et le WWF. «Selon la procédure standard, des observations», qui seront transmises à tous les opposants, sont finalisées.

«Nous estimons que notre dossier est solide, grâce aux mesures de précaution prévues, et nous souhaitons concrétiser ce projet en faveur de la communauté nomade suisse», fait savoir le DDTE. La demande de permis de construire précise que «la paroi nord qui longe le site ainsi que le site lui-même constituent un Habitat naturel pour deux espèces menacées: la vipère aspic et le lézard agile».

Une «barrière anti-reptiles» est prévue sur une partie du site, qu’un «panneau informatif» interdira de franchir tout en fixant des règles à respecter. «Une sensibilisation préventive de la population nomade est également prévue à son arrivée sur l’aire.» Les atteintes aux reptiles seront compensées à proximité.

Un serpent à ne pas toucher

La vipère aspic, ci-contre au zoo chaux-de-fonnier du Bois du Petit-Château est un serpent venimeux, qui ne doit être manié que par des spécialistes.

Selon le Centre suisse de coordination pour la protection des amphibiens et reptiles de Suisse, à Neuchâtel, «la vipère n’est pas agressive et n’attaque jamais l’homme. Elle s’enfuit toujours devant cet ennemi dès qu’elle l’aperçoit. Si une vipère s’approche de vous, c’est qu’elle ne vous a pas vu! Il suffit alors de bouger pour la faire fuir. Une vipère agressée va mordre son ennemi pour se défendre. Si on lui marche dessus, elle mordra le soulier et ce ne sera pas grave, ses dents venimeuses ne pouvant transpercer le cuir d’une chaussure. Par contre, si on la saisit brusquement avec les mains, c’est l’accident.»

Une morsure peut n’avoir aucune conséquence, mais «il y a des gens qui vont faire un choc anaphylactique», selon Yvan Matthey, de Pro Natura. Le séjour de personnes sur un tel site pose donc «un problème de Santé publique. On devra avertir les hôpitaux de Neuchâtel et d’Yverdon pour qu’ils aient des réserves de sérum antivenimeux».

Le représentant des yéniches est inquiet

«Nous savions que c’est un coin à serpents, mais pas qu’ils étaient dangereux», réagit Albert Barras, président pour la Suisse romande de l’association Jenische-Manouche-Sinti. «C’est un nid à vipères!» Le porte-parole des gens du voyage suisses ne cache pas son inquiétude, en particulier si «un gamin» venait à être mordu. «Les vipères aspics, je sais que c’est dangereux.» A priori, «nous ne sommes jamais allés sur un terrain où il y en avait». Les gens du voyage suisses ont par contre déjà été en présence d’autres serpents, comme des couleuvres, elles inoffensives.

Bientôt dans la région

Albert Barras voulait reprendre contact avec le canton pour éclaircir la question. Des discussions sont en cours pour trouver prochainement un emplacement aux gens du voyage suisses. «Nous viendrons à une quinzaine de caravanes pour deux ou trois semaines.»


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