15.11.2017, 00:01  

Se rire du drame de la jalousie

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 15.11.2017, 00:01   Se rire du drame de la jalousie

«JALOUSE» - Une quinquagénaire resplendissante est saisie par le démon de l’envie. Une comédie grinçante sublimée par le talent de l’actrice Karin Viard.

Ecrivain à succès, David Foenkinos ne se borne plus à écrire des romans. En tandem avec son frère Stéphane, ex-directeur de casting devenu cinéaste, il réalise aussi des films. Après «La délicatesse» en 2011, adaptation plutôt anodine de son propre roman, il se révèle aujourd’hui autrement convaincant avec «Jalouse», un second long-métrage tourné cette fois d’après un scénario original...

Ecrivain à succès, David Foenkinos ne se borne plus à écrire des romans. En tandem avec son frère Stéphane, ex-directeur de casting devenu cinéaste, il réalise aussi des films. Après «La délicatesse» en 2011, adaptation plutôt anodine de son propre roman, il se révèle aujourd’hui autrement convaincant avec «Jalouse», un second long-métrage tourné cette fois d’après un scénario original qu’il a coécrit avec son frangin.

Acte manqué

Professeur de lettres divorcée, Nathalie Pêcheux (Karin Viard) vit avec sa fille Mathilde (Dara Tombroff), belle jeune femme de dix-huit ans qui prépare le concours d’entrée au prestigieux ballet de l’Opéra de Paris. A l’aube de la cinquantaine, Nathalie est soudain la proie d’un sentiment de jalousie compulsif qu’elle ne réussit pas à refréner, au point «de plonger tout le monde dans l’aigreur», comme le lui reproche sa meilleure amie, Sophie (jouée par l’actrice québécoise Anne Dorval, «découverte» chez Xavier Dolan). Mais c’est à l’encontre de sa fille qu’elle se montre la plus envieuse, jusqu’à mettre la vie de Mathilde en danger, en commettant ce qui ressemble fort à un acte manqué.

Inquiétante étrangeté

Crise de la cinquantaine, dépression inopinée, retour d’un refoulé traumatisant ou «transit vers la ménopause» (ainsi que le présuppose le médecin généraliste de Nathalie)? La comédie dramatique très grinçante des frères Foenkinos évite judicieusement de confirmer l’une ou l’autre de ces hypothèses et conserve ainsi jusqu’à la dernière réplique l’inquiétante étrangeté qui émane du comportement de leur protagoniste. Bien sûr, Karin Viard y est pour beaucoup, tant elle excelle à restituer son intolérance désemparée à la réussite d’autrui, y compris à celle de sa propre fille, point d’orgue aussi audacieux que passionnant de son dérèglement. Elle n’a pas son pareil pour susciter notre empathie, bien qu’elle ait tout de la sorcière contemporaine. Du grand art!

Gros bémol

Reste cependant un gros bémol qui atténue sensiblement notre plaisir de spectateur: l’absence totale de panache et d’intelligence de la mise en scène qui s’en tient à une bien plate illustration audiovisuelle, qu’une bande musicale hétéroclite ne parvient pas à transcender. On rêve à ce qu’un grand cinéaste de la pulsion comme Luis Buñuel ou le très «cruel» Alfred Hitchcock aurait su tirer de ce scénario combien dérangeant...

de David et Stéphane Foenkinos, avec Karin Viard, Anne Dorval, Thibault de Montalembert… Durée: 1h46. Age légal/conseillé: 12/14


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