10.11.2017, 00:01  

La cote du Lötschberg remonte

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Les CFF «s’efforceront» de réaliser le doublement de la voie du tunnel ferroviaire du Lötschberg dans le cadre du Programme de développement stratégique 2030-2035.

 10.11.2017, 00:01   La cote du Lötschberg remonte

Par Philippe Boeglin

RAIL - Les CFF se sont dit, hier, prêts à doubler la voie du tunnel plus tôt que prévu. Mais les cantons concernés, Berne et le Valais en tête, restent prudents.

Les hauts cris des Valaisans et des Bernois semblent avoir porté leurs fruits. Les CFF y ont en tout cas prêté l’oreille. Sans faire de promesses, la compagnie ferroviaire «s’efforcera» de réaliser le doublement de la voie du tunnel ferroviaire du Lötschberg dans le cadre du Programme de développement stratégique (Prodes) 2030/35, a-t-elle déclaré hier, réagissant devant la...

Les hauts cris des Valaisans et des Bernois semblent avoir porté leurs fruits. Les CFF y ont en tout cas prêté l’oreille. Sans faire de promesses, la compagnie ferroviaire «s’efforcera» de réaliser le doublement de la voie du tunnel ferroviaire du Lötschberg dans le cadre du Programme de développement stratégique (Prodes) 2030/35, a-t-elle déclaré hier, réagissant devant la presse au projet d’aménagement du Conseil ¬fédéral.

Rien n’est définitif, puisque la décision finale appartient au parlement fédéral. Mais cette prise de position des CFF constitue quand même un signe positif pour les gouvernements des cantons du Valais et de Berne.

A la fin septembre, l’élargissement du tube alpin n’avait en effet pas trouvé place parmi les projets présentés par la ministre des Transports, Doris Leuthard (PDC). Berne, le Valais, et toute la Suisse occidentale n’avaient pas mâché leurs mots. Ils ne supportaient pas d’avoir été écartés des priorités du Conseil fédéral et de l’enveloppe de 11,5 milliards de francs.

Le vent a tourné

Depuis, le vent aurait tourné. Mais les cantons concernés se gardent bien de sauter de joie. A l’image du conseiller d’Etat valaisan en charge de la Mobilité, Jacques Melly (PDC). «Le doublement du Lötschberg ne figure pas dans le projet prévu pour le parlement fédéral. Nous allons donc continuer à travailler pour que cela soit corrigé dans le projet qui sera soumis en 2018 pour les débats aux Chambres fédérales.»

De l’autre côté de la montagne, on fait montre de la même retenue. «C’est positif que les CFF soutiennent le doublement du Lötschberg. Mais nous sommes surpris qu’ils posent quand même autant de conditions à ces travaux», ajoute Christian Aebi, chef de l’Office des transports publics et de la coordination des transports du canton de Berne.

Pour les CFF, l’absence du Lötschberg dans la première mouture du paquet se justifie. «Ce chantier ne remplit pas les critères fixés pour l’étape d’aménagement 2030/35, qui vise en priorité l’élimination des goulets d’étranglement», relève Andreas Meyer, directeur général des CFF. Une analyse remise en question par Jacques Melly. «Le Lötschberg est déjà saturé aujourd’hui. A mon sens, c’est un goulet d’étranglement.»

Le temps presse

Le Valaisan, également président de la Conférence des transports de Suisse occidentale, insiste: il ne faut pas tarder. «Le peuple a approuvé les Nouvelles lignes ferroviaires à-travers les Alpes, dont le Lötschberg. Actuellement, il y a deux axes transalpins en service. Si le Gothard se retrouve bloqué, pour une raison ou une autre, le Lötschberg doit pouvoir prendre la relève.»

Le haut fonctionnaire bernois Christian Aebi lui fait écho. «L’élargissement du tunnel du Lötschberg est nécessaire. La ligne Berne-Brigue est déjà la seule du réseau Intercity à ne pas disposer d’une cadence semi-horaire, et le tunnel est important pour le transport de personnes comme pour le fret de marchandises.»

En substance, le patron des CFF Andreas Meyer ne les contredit pas. «Le doublement de la voie est judicieux, notamment pour le transport de marchandises et la stabilisation de l’horaire. Donc nous inclurons le tunnel du Lötschberg dans l’étape d’aménagement 2030/35 si les moyens le permettent.» La compagnie ferroviaire compte optimiser ses coûts dans les autres projets pour dégager une marge de manœuvre en faveur du tube alpin.

Au-delà du Lötschberg, d’autres projets avaient créé des remous dans les cantons romands, pour avoir été exclus de la première version de Prodes 2030/35. C’est notamment le cas de la cadence au quart d’heure pour les trains de l’agglomération de Fribourg. «Les CFF n’ont pas encore bien compris les enjeux. Au vu des mouvements et du nombre d’habitants, il n’y a pas de raison que l’agglomération fribourgeoise ne bénéficie pas d’une offre de qualité», avance Jean-François Steiert (PS), conseiller d’Etat ¬fribourgeois en charge de l’Aménagement.

Pour l’ancien conseiller national, la solution passe par une extension des moyens financiers. «La Conférence des transports de Suisse occidentale préconise une enveloppe de 13 milliards, un objectif réaliste qui permettrait de mener à bien les projets les plus importants.»


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